La Bourgogne qu’il faut goûter

On début l’année en grand avec la Bourgogne, région de vins puissants, de grande élégance et qui se révèlent exactement comme le fait la poésie. Je vous propose un temps d’arrêt sur les vins du Château Philippe-Le-Hardi, situé dans le village de Santenay, au sud de la ville de Beaune.



Il se nomme Château de Santenay, mais on l’appelle couramment Château Philippe-Le-Hardi pour rappeler le nom de son propriétaire, premier Duc de la Grande Bourgogne et fils du roi de France Jean Le bon au 14e siècle. Son nom évoque un règne où la Bourgogne vinicole a vu apparaître le monocépage alors qu’il nomma le Pinot Noir seul cépage apte à faire du vin de Bourgogne. C’était en 1395.

La Bourgogne, avec près de 30 000 hectares de vignes en appellation d’origine contrôlée, compte 100 appellations, la dernière datant de 2006 : « Bourgogne Tonnerre ». Avec près de 4000 domaines, 250 maisons de négoce et une vingtaine de caves coopératives, chaque « exploitation » ne possède généralement que quelques hectares en production. Le Château Philippe-Le-Hardi, avec plus de 90 hectares de vignes, figure donc parmi les plus importants producteurs bourguignons.

Son principal pôle de production se trouve sur Mercurey avec quelques 72 hectares donc une dizaine d’hectares en Mercurey blanc. « Nous envisageons augmenter la production en blanc à 20 hectares », indique Gérard Fagnoni, ingénieur œnologue et directeur général du Château. Sur une production générale, rouges et blancs confondus, d’un peu plus de 600 hectares, dont un peu plus de 100 hectares en blanc, cette production signée Philippe-Le-Hardi le placera devant pour la production de Mercurey blanc. C’est d’ailleurs un superbe Mercurey 2008 blanc que nous avons dégusté en sa compagnie. Sur des sols argileux, le Chardonnay tirait le meilleur dans ce vin aux notes d’agrumes, de fleur, de poire et de noisette. Un blanc très fin qui m’a portée sur une bouche tendue, ample et longue. Le millésime 2007, disponible dans quelques succursales, est la dernière chance de le déguster, malheureusement. Ce vin de producteur propriétaire constituait un rapport qualité prix à saisir parmi la plupart des Mercurey de négociants disponibles en succursales…

Château Philippe-Le-Hardi propose également un large éventail d’appellations : Mercurey, Santenay, Beaune, Aloxe-Corton, Pommard, Clos de Vougeot, Saint-Aubin, sans compter les Crus tels La Comme, Les Beaurepaires, Les Puillets, Les Gravières, Les Montées Rouges et le Clos du Roi notamment. Outre les quelques bouteilles de Saint-Aubin En Vesvau 2006 encore disponibles, vous pourrez mettre la main sur un Hautes Côtes de Beaune Clos de la Chaise Dieu 2009 ou un Mercurey 1er Cru Les Puillets 2008. Ces vins expriment l’héritage de leur terroir. Droits, soyeux, élégants, ils sont une extraordinaire incursion dans le monde de la Bourgogne. Pour ceux qui auront la chance d’aller au Salon international des vins et spiritueux de Québec les 11, 12 et 13 mars au Centre des Congrès, un Santenay La Comme 2007 du Château Philippe-Le-Hardi sera en dégustation et disponible en importation privée (agence Francs-Vins).




Clos de la Chaise Dieu 2009 – Hautes Côtes de Beaune



Le Château Philippe-Le-Hardi est le seul propriétaire à pouvoir utiliser ce nom dérivé du chemin de la « chaise à bon dieu ». C’est pourquoi vous trouverez l’indication « Monopole » sur l’étiquette. Le Chardonnay est cultivé sur des sols calcaires d’un clos de 12,5 hectares, sur le même coteau où poussent les vignes du Saint-Aubin. Il est floral, avec des notes de fruits blancs et la bouche est minérale, droite, fine. Le bois (petite portion de fût neuf utilisée pour l’élevage) est bien intégré et apporte sa rondeur charmeuse à cette appellation régionale.


Clos de la Chaise Dieu 2009 – Bourgogne – Hautes Côtes de Beaune
Code SAQ : 869784 – Prix : 21,20$




Les Puillets 2009 – Mercurey 1er Cru



Ce premier Cru en Côte chalonnaise exprime bien tout le caractère de la majorité des Mercurey. Bonne concentration, apte au vieillissement et pratiquement la moitié moins « chers » que ses voisins. En privilégiant une douce extraction, M. Fagnoni recherche la finesse des tanins. Le nez est superbe avec des accents floraux de violette et de fruits rouges. En bouche, ce Pinot Noir est droit, vif, possède une belle puissance et se termine sur une note d’anis et d’épices. Le boisé est modéré. Millésime présentement disponible : 2008










Légende photo Gérard Fagnoni: Gérard Fagnoni, ingénieur œnologue et directeur général du Château Philippe-Le-Hardi. Il y travaille depuis vingt ans.


Crédit photos : Château de Santenay





À propos de l'auteur


Hélène Dion

Sommelière - Chroniqueure vin - Directrice Marketing de l'Association Canadienne des Sommeliers professionnels.

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